Colloque "Les îles à venir" > Pourquoi participer au colloque ?

Colloque interdisciplinaire et international  « Les îles à venir »

17 et 18 et 19 octobre 2019

Brest, Ouessant, Molène et Sein

 

Le colloque scientifique international se déroulera à Brest dans les locaux du Quartz les 17 et 18 octobre et sera ouvert au public. Le samedi 19, des excursions thématiques seront organisées sur les îles d’Ouessant, de Molène et de Sein.

Ce colloque interdisciplinaire s’adresse aux chercheurs (géographes, sociologues, économistes, écologues, environnementalistes, anthropologues, chercheurs en études littéraires et artistiques, notamment cinématographiques et audiovisuelles) et aux acteurs, dont les travaux et l’expérience professionnelle sont en lien avec la connaissance des sociétés et des communautés îliennes, des économies et des environnements maritimes et insulaires. L’histoire et la culture, indispensables pour comprendre la situation contemporaine, seront utilement mobilisées pour encourager des réflexions, dans tous les bassins maritimes du monde, sur le futur des petites îles, dans une perspective à la fois diachronique et prospective.

 

Il y a 30 ans, en novembre 1989, un colloque intitulé « sociétés et territoires insulaires » était organisé à Brest, réunissant un grand nombre de chercheurs venus partager leurs connaissances et les résultats de leurs recherches sur les îles. Depuis, les études insulaires ont été profondément renouvelées, que ce soit d’un point de vue épistémologique, méthodologique et thématique. À la faveur du « tournant culturel » qui a transformé les ambitions théoriques des sciences sociales, les recherches sur les îles se sont inscrites davantage dans une démarche assumant la subjectivité et le caractère situé du savoir produit. À l’heure de la mondialisation, de l’avènement d’une planète migratoire et touristique, dominée par des métropoles et l’urbanisation, les îles sont revisitées par les chercheurs qui y trouvent un terrain propice à l’étude des représentations, de la fabrique régionaliste et identitaire, du renouveau des marges, du développement local et durable, des enjeux touristiques ou post-touristiques, de la formation de nouvelles utopies ou de projets alternatifs. Parce qu’elles ont longtemps formé des lieux emblématiques d’une construction exotisante de l’« Autre » et de l’« Ailleurs », elles sont désormais largement réinvesties par l’approche de chercheurs en anthropologie ou en géographie notamment, soucieux de décentrer le regard et de mettre en évidence les mécanismes de la production discursive de l’altérité sociale, spatiale et culturelle.

 

Pour autant, aujourd’hui encore, les îles restent sous les projecteurs médiatiques qui continuent d’en donner une vision à la fois surplombante et parfois stéréotypée. Elles sont les îles du rêve, de l’exotisme absolu, espaces libertaires et purs produits de loisirs construits par et pour les sociétés urbaines et continentales en mal d’aventure. Jamais elles n’ont autant servi de décors à des séries, films ou émissions TV, de Koh-Lanta ou L’île de la tentation sur TF1 à The Island sur M6 où l’imagerie insulaire est exploitée jusqu’à l’usure. De manière ambivalente, elles sont aussi les îles fragiles et vulnérables qui pourraient disparaître, submergées par la remontée des eaux et sacrifiées sur l’autel de la consommation mondialisée et du changement climatique. Dans les deux cas, qu’elles incarnent les figures du paradis ou de la catastrophe, elles donnent lieu à une production discursive distanciée, parfois caricaturale, bien loin des réalités insulaires. Ces représentations auxquelles elles donnent lieu et l’écart avec les réalités insulaires sont une source d’interrogations.

 

Car les îles sont des lieux de vie avant tout, où des hommes et des femmes habitent, travaillent, circulent, se rencontrent, construisent et imaginent leur futur. Elles forment des territoires vécus et appropriés par des habitants qui en sont originaires ou pas, installés depuis longtemps ou de fraîche date, en prise avec les problématiques locales du foncier, des transports, de l’école, de l’accès aux services publics, etc. Chaque jour les insulaires réinventent les modalités d’un vivre ensemble constamment renouvelé, conditionné par les atouts et les contraintes de l’exiguïté, d’un environnement fragile et d’un isolement relatif. 

 

Trente ans après le colloque sur les sociétés et territoires insulaires, « Iles à venir » entend mettre l’accent sur une approche décentrée des îles, permettant également l’ouverture à des territoires exposés à l’isolement, mais privilégiant l’expérience de l’île, de ses aspérités sociales et territoriales, et mettant l’accent sur les enjeux actuels de développement local,  vus des îles et des insulaires.  

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